Vêtements d’occasion : comment les nomme-t-on ?
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Les vêtements d’occasion connaissent un regain d’intérêt. Les consommateurs cherchent des alternatives plus écologiques et économiques à la fast fashion. Ces habits, souvent appelés ‘vintage’ ou ‘seconde main’, proviennent de diverses sources : friperies, vide-greniers, applications de revente en ligne.
Ce phénomène s’accompagne d’un langage spécifique pour désigner ces habits. On parle souvent de ‘fripes’ lorsqu’il s’agit de vêtements dénichés dans des boutiques spécialisées. Les termes ‘vintage’ et ‘rétro’ sont utilisés pour les pièces plus anciennes, souvent des décennies passées, appréciées pour leur style unique et leur qualité. Quant aux vêtements de second usage plus récents, on les appelle simplement ‘seconde main’.
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Plan de l'article
Les différents termes pour désigner les vêtements d’occasion
Le marché de la seconde main affiche une progression annuelle vingt fois supérieure à celle du neuf. Estimé à 36 milliards de dollars en 2021, il pourrait atteindre 74 milliards d’euros en 2030. Cette dynamique s’accompagne d’une diversité lexicale pour désigner les vêtements d’occasion.
Vinted, plateforme de revente de vêtements d’occasion, et Le Bon Coin, site de vente de particulier à particulier, représentent des canaux de distribution majeurs. Les consommateurs y trouvent des articles étiquetés comme ‘seconde main’, ‘vintage’ ou ‘rétro’. Ces termes ne sont pas interchangeables et reflètent des réalités distinctes :
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- ‘Seconde main’ : vêtements déjà portés, souvent récents, accessibles sur des plateformes comme Vinted ou Le Bon Coin.
- ‘Vintage’ : pièces datant de plusieurs décennies, recherchées pour leur style unique, souvent trouvées dans des boutiques spécialisées.
- ‘Rétro’ : articles inspirés de modes passées, sans nécessairement être anciens.
Les organisations caritatives comme Emmaüs et Oxfam jouent un rôle clé en proposant des friperies solidaires. Emmaüs possède sept friperies à Paris, tandis qu’Oxfam en compte six à Paris, Lille et Strasbourg. Quant aux entreprises comme Patatam et Disruptual, elles fournissent ou développent des sites web de revente pour les grandes enseignes.
La fast fashion, segment de l’industrie de l’habillement proposant des collections tendance à un prix accessible, est en déclin face à la montée des vêtements de seconde main. Cette transition vers une mode plus durable et éthique se manifeste par le succès croissant des plateformes de revente en ligne et des boutiques spécialisées.
Origines et évolution des appellations
Les vêtements d’occasion ne sont pas un phénomène récent. Dès le Moyen Âge, les marchés européens, tels que le Mercato Vecchio à Florence, étaient populaires pour leurs vêtements de seconde main de qualité à bas prix. Cette pratique était alors réglementée par la guilde vénitienne des marchands de vêtements d’occasion, l’Arte degli Strazzaruoli. Ce commerce avait une dimension économique et sociale, permettant aux populations modestes d’accéder à des vêtements abordables.
À Paris, le premier marché de fripes, le Carreau du Temple, a vu le jour au XIXe siècle. Situé dans le quartier du Marais, il est devenu un lieu emblématique où se mêlaient vendeurs et acheteurs à la recherche de bonnes affaires. Ce marché a contribué à la popularisation du terme ‘friperie’, désignant les boutiques spécialisées dans la vente de vêtements d’occasion.
Avec l’essor de la consommation de masse au XXe siècle et l’avènement de la fast fashion, les vêtements d’occasion ont pris une nouvelle dimension. Les termes ‘seconde main’, ‘vintage’ et ‘rétro’ sont apparus pour répondre à une demande croissante de mode éthique et durable. Ils sont aujourd’hui utilisés pour distinguer les différentes catégories de vêtements d’occasion, selon leur âge et leur style.
Les réseaux sociaux et les plateformes en ligne comme Vinted et Le Bon Coin ont aussi joué un rôle fondamental dans la popularisation de ces termes. Ils ont permis une large diffusion et une accessibilité accrue des vêtements de seconde main, modifiant ainsi les perceptions et les comportements des consommateurs.
La diversité des appellations reflète la richesse et l’évolution de ce marché en pleine expansion, où le souci de durabilité et la recherche de pièces uniques s’imposent comme des tendances majeures.
Les connotations et perceptions associées
Les connotations liées aux vêtements d’occasion varient considérablement. Le terme ‘friperie’ évoque souvent une dimension sociale et solidaire, en particulier avec des organisations comme Emmaüs et Oxfam. Ces structures sont perçues comme des acteurs engagés dans la lutte contre l’exclusion et la précarité. À Paris, les friperies solidaires d’Emmaüs sont devenues des lieux symboliques où se mêlent solidarité et consommation responsable.
En revanche, le terme ‘vintage’ est associé à une quête d’authenticité et de rareté. Les adeptes de la mode vintage recherchent des pièces uniques, souvent iconiques, et sont prêts à investir des sommes conséquentes pour acquérir des vêtements de designers des décennies passées. Cette tendance a été particulièrement accentuée par les influenceurs et les réseaux sociaux, qui valorisent l’esthétique rétro.
Perceptions économiques et écologiques
Selon Rémy Oudghiri, directeur général adjoint de Sociovision, la perception des vêtements d’occasion a évolué avec la prise de conscience écologique. Le marché de la seconde main, estimé à 36 milliards de dollars en 2021, affiche une progression annuelle 20 fois supérieure à celle du neuf. Ce chiffre pourrait atteindre 74 milliards d’euros en 2030, dépassant ainsi le segment de la fast fashion.
La popularité croissante de plateformes comme Vinted et Le Bon Coin témoigne d’un changement de paradigme dans la consommation. Les consommateurs sont de plus en plus nombreux à privilégier des alternatives durables et éthiques. Les entreprises telles que Patatam et Disruptual répondent à cette demande en fournissant des vêtements d’occasion pour les grandes enseignes et en développant des sites web de revente entre particuliers.
- Emmaüs : sept friperies solidaires à Paris
- Oxfam : six friperies à Paris, Lille et Strasbourg
- Vinted : plateforme de revente de vêtements d’occasion
- Le Bon Coin : site de vente de particulier à particulier
- Patatam : fournit des vêtements d’occasion pour les grandes enseignes
- Disruptual : développe des sites web de revente de vêtements entre particuliers pour les enseignes
La diversité des termes et connotations reflète la complexité du marché de la seconde main et les différentes motivations des consommateurs, allant de l’engagement écologique à la recherche de pièces rares et uniques.
Impact des terminologies sur le marché de la seconde main
La terminologie utilisée pour décrire les vêtements d’occasion joue un rôle fondamental dans la perception des consommateurs et, par extension, sur les dynamiques du marché. L’usage des termes ‘friperie’, ‘vintage’ ou ‘seconde main’ n’est pas anodin. Chacun véhicule des connotations spécifiques qui influencent la manière dont les consommateurs perçoivent et valorisent ces vêtements.
Par exemple, le terme ‘vintage’ est souvent associé à une certaine exclusivité et à la recherche de pièces rares, ce qui justifie des prix plus élevés. Cette valorisation se retrouve dans des plateformes comme Thred Up, géant américain de la revente. En revanche, les termes ‘friperie’ ou ‘seconde main’ sont plus couramment liés à une consommation éthique et responsable, plus accessible financièrement.
Conséquences économiques
Considérez les chiffres : le marché de la seconde main, estimé à 36 milliards de dollars en 2021, pourrait atteindre 74 milliards d’euros en 2030, selon GlobalData. Cette progression, 20 fois supérieure à celle du neuf, démontre l’ampleur de ce phénomène. L’utilisation de termes valorisants comme ‘vintage’ peut attirer une clientèle plus aisée, prête à payer un prix premium.
Ces terminologies influencent aussi les stratégies des entreprises. Patatam et Disruptual ont capitalisé sur cette tendance en fournissant des vêtements d’occasion pour les grandes enseignes et en développant des sites web de revente entre particuliers. Vinted et Le Bon Coin exploitent aussi ce créneau avec succès, en mettant en avant la dimension écologique et économique de la seconde main.
Évolution des perceptions
Le changement de terminologie s’accompagne d’une évolution des perceptions. Les consommateurs sont désormais plus enclins à acheter des vêtements d’occasion, non seulement pour des raisons financières, mais aussi pour des motivations environnementales. Des initiatives comme celles de Emmaüs et Oxfam renforcent cette tendance en intégrant des valeurs sociales et solidaires.
Le marché de la seconde main dépasse ainsi les frontières de la simple économie circulaire pour devenir un véritable mouvement sociétal. Les termes employés pour décrire ces vêtements ne sont plus seulement des mots, mais des instruments de transformation sociale et économique.